пятница, 13 марта 2015 г.

Поль Валери "Морское кладбище" - оригинал и переводы. Эссе Борхеса.

Paul Valéry

Le cimetière marin


Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencee
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l'ame,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit!

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change!
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié!
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur!

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!

Chienne splendide, écarte l'idolâtre!
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux!

Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence . . .
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n'as que moi pour contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant! . . .
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse?
Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi!

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse!
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel!

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas!

Amour, peut-être, ou de moi-même haine?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir!
Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche!
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir!

Zénon! Cruel Zénon! Zénon d'Êlée!
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas!
Le son m'enfante et la flèche me tue!
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas!

Non, non! . . . Debout! Dans l'ère successive!
Brisez, mon corps, cette forme pensive!
Buvez, mon sein, la naissance du vent!
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme . . . O puissance salée!
Courons à l'onde en rejaillir vivant.

Oui! grande mer de delires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux rejouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!




Paul Valéry
The Graveyard By The Sea
Translated by C. Day Lewis


This quiet roof, where dove-sails saunter by,
Between the pines, the tombs, throbs visibly.
Impartial noon patterns the sea in flame --
That sea forever starting and re-starting.
When thought has had its hour, oh how rewarding
Are the long vistas of celestial calm!

What grace of light, what pure toil goes to form
The manifold diamond of the elusive foam!
What peace I feel begotten at that source!
When sunlight rests upon a profound sea,
Time's air is sparkling, dream is certainty --
Pure artifice both of an eternal Cause.

Sure treasure, simple shrine to intelligence,
Palpable calm, visible reticence,
Proud-lidded water, Eye wherein there wells
Under a film of fire such depth of sleep --
O silence! . . . Mansion in my soul, you slope
Of gold, roof of a myriad golden tiles.

Temple of time, within a brief sigh bounded,
To this rare height inured I climb, surrounded
By the horizons of a sea-girt eye.
And, like my supreme offering to the gods,
That peaceful coruscation only breeds
A loftier indifference on the sky.

Even as a fruit's absorbed in the enjoying,
Even as within the mouth its body dying
Changes into delight through dissolution,
So to my melted soul the heavens declare
All bounds transfigured into a boundless air,
And I breathe now my future's emanation.

Beautiful heaven, true heaven, look how I change!
After such arrogance, after so much strange
Idleness -- strange, yet full of potency --
I am all open to these shining spaces;
Over the homes of the dead my shadow passes,
Ghosting along -- a ghost subduing me.
My soul laid bare to your midsummer fire,
O just, impartial light whom I admire,

Whose arms are merciless, you have I stayed
And give back, pure, to your original place.
Look at yourself . . . But to give light implies
No less a somber moiety of shade.

Oh, for myself alone, mine, deep within
At the heart's quick, the poem's fount, between
The void and its pure issue, I beseech
The intimations of my secret power.
O bitter, dark, and echoing reservoir
Speaking of depths always beyond my reach.

But know you -- feigning prisoner of the boughs,
Gulf which cats up their slender prison-bars,
Secret which dazzles though mine eyes are closed --
What body drags me to its lingering end,
What mind draws it to this bone-peopled ground?
A star broods there on all that I have lost.

Closed, hallowed, full of insubstantial fire,
Morsel of earth to heaven's light given o'er --
This plot, ruled by its flambeaux, pleases me --
A place all gold, stone, and dark wood, where shudders
So much marble above so many shadows:
And on my tombs, asleep, the faithful sea.

Keep off the idolaters, bright watch-dog, while --
A solitary with the shepherd's smile --
I pasture long my sheep, my mysteries,
My snow-white flock of undisturbed graves!
Drive far away from here the careful doves,
The vain daydreams, the angels' questioning eyes!

Now present here, the future takes its time.
The brittle insect scrapes at the dry loam;
All is burnt up, used up, drawn up in air
To some ineffably rarefied solution . . .
Life is enlarged, drunk with annihilation,
And bitterness is sweet, and the spirit clear.

The dead lie easy, hidden in earth where they
Are warmed and have their mysteries burnt away.
Motionless noon, noon aloft in the blue
Broods on itself -- a self-sufficient theme.
O rounded dome and perfect diadem,
    I am what's changing secretly in you.

    I am the only medium for your fears.
My penitence, my doubts, my baulked desires --
These are the flaw within your diamond pride . . .
But in their heavy night, cumbered with marble,
Under the roots of trees a shadow people
Has slowly now come over to your side.

To an impervious nothingness they're thinned,
For the red clay has swallowed the white kind;
Into the flowers that gift of life has passed.
Where are the dead? -- their homely turns of speech,
The personal grace, the soul informing each?
Grubs thread their way where tears were once composed.

The bird-sharp cries of girls whom love is teasing,
The eyes, the teeth, the eyelids moistly closing,
The pretty breast that gambles with the flame,
The crimson blood shining when lips are yielded,
The last gift, and the fingers that would shield it --
All go to earth, go back into the game.

And you, great soul, is there yet hope in you
To find some dream without the lying hue
That gold or wave offers to fleshly eyes?
Will you be singing still when you're thin air?
All perishes. A thing of flesh and pore
Am I. Divine impatience also dies.

Lean immortality, all crêpe and gold,
Laurelled consoler frightening to behold,
Death is a womb, a mother's breast, you feign
The fine illusion, oh the pious trick!
Who does not know them, and is not made sick
That empty skull, that everlasting grin?

Ancestors deep down there, 0 derelict heads
Whom such a weight of spaded earth o'erspreads,
Who are the earth, in whom our steps are lost,
The real flesh-eater, worm unanswerable
Is not for you that sleep under the table:
Life is his meat, and I am still his host.

'Love,' shall we call him? 'Hatred of self,' maybe?
His secret tooth is so intimate with me
That any name would suit him well enough,
Enough that he can see, will, daydream, touch --
My flesh delights him, even upon my couch
I live but as a morsel of his life.

Zeno, Zeno, cruel philosopher Zeno,
Have you then pierced me with your feathered arrow
That hums and flies, yet does not fly! The sounding
Shaft gives me life, the arrow kills. Oh, sun! --
Oh, what a tortoise-shadow to outrun
My soul, Achilles' giant stride left standing!

No, no! Arise! The future years unfold.
Shatter, O body, meditation's mould!
And, O my breast, drink in the wind's reviving!
A freshness, exhalation of the sea,
Restores my soul . . . Salt-breathing potency!
Let's run at the waves and be hurled back to living!

Yes, mighty sea with such wild frenzies gifted
(The panther skin and the rent chlamys), sifted
All over with sun-images that glisten,
Creature supreme, drunk on your own blue flesh,
Who in a tumult like the deepest hush
Bite at your sequin-glittering tail -- yes, listen!

The wind is rising! . . . We must try to live!
The huge air opens and shuts my book: the wave
Dares to explode out of the rocks in reeking
Spray. Fly away, my sun-bewildered pages!
Break, waves! Break up with your rejoicing surges
This quiet roof where sails like doves were pecking.



Морское кладбище (Перевод Б. К. Лившица.)


Как этот тихий кров, где голубь плещет
Крылом, средь сосен и гробниц трепещет!
Юг праведный огни слагать готов
В извечно возникающее море!
О благодарность вслед за мыслью вскоре:
Взор, созерцающий покой богов!
Как гложет молний чистый труд бессменно
Алмазы еле уловимой пены!
Какой покой как будто утверждён,
Когда нисходит солнце в глубь пучины,
Где, чистые плоды первопричины,
Сверкает время и познанье — сон.
О стойкий клад, Минервы храм несложный,
Массив покоя, явно осторожный,
Зловещая вода, на дне глазниц
Которой сны я вижу сквозь пыланье,
Моё безмолвье! Ты в душе — как зданье,
Но верх твой — злато тысяч черепиц!

Храм времени, тебя я замыкаю
В единый вздох, всхожу и привыкаю
Быть заключенным в окоём морской,
И, как богам святое приношенье,
В мерцаньи искр верховное презренье
Разлито над бездонною водой.
Как, тая, плод, когда его вкушают,
Исчезновенье в сладость превращает
Во рту, где он теряет прежний вид,
Вдыхаю пар моей плиты могильной,
И небеса поют душе бессильной
О берегах, где вновь прибой шумит.
О небо, я меняюсь беспрестанно!
Я был так горд, я празден был так странно
(Но в праздности был каждый миг велик),
И вот отдался яркому виденью
И, над могилами блуждая тенью,
К волненью моря хрупкому привык.
Солнцестоянья факел встретив грудью
Открытой, подчиняюсь правосудью
Чудесному безжалостных лучей!
На первом месте стань, источник света:
Я чистым возвратил тебя!.. Но это
Меня ввергает в мрак глухих ночей.
Лишь сердца моего, лишь для себя, в себе лишь -
Близ сердца, близ стихов, что не разделишь
Меж пустотой и чистым смыслом дня,-
Я эхо внутреннего жду величья
В цистерне звонкой, полной безразличья,
Чей полый звук всегда страшит меня!
Лжепленница зелёных этих мрежей,
Залив, любитель худосочных режей,
Узнаешь ли ты по моим глазам,
Чья плоть влечёт меня к кончине вялой
И чьё чело её с землей связало?
Лишь искра мысль уводит к мертвецам.

Священное, полно огнем невещным.
Залитое сияньем многосвещным,
Мне это место нравится: клочок
Земли, дерев и камня единенье,
Где столько мрамора дрожит над тенью
И моря сон над мёртвыми глубок.
Гони жреца, о солнечная сука!
Когда пасу без окрика, без звука,
Отшельником таинственных овец,
От стада белого столь бестревожных
Могил гони голубок осторожных
И снам напрасным положи конец!
Грядущее здесь — воплощенье лени.
Здесь насекомое роится в тлене,
Все сожжено, и в воздух всё ушло,
Всё растворилось в сущности надмирной,
И жизнь, пьяна отсутствием, обширна,
И горечь сладостна, и на душе светло.
Спят мертвецы в земле, своим покровом
Их греющей, теплом снабжая новым.
Юг наверху, всегда недвижный Юг
Сам мыслится, себя собою меря...
О Голова в блестящей фотосфере,
Я тайный двигатель твоих потуг.
Лишь я твои питаю [все] спасенья!
Мои раскаянья, мои сомненья —
Одни — порок алмаза твоего!..
Но мрамором отягощенной ночью
Народ теней тебе, как средоточью,
Неспешное доставил торжество.
В отсутствии они исчезли плотном.
О веществе их глина даст отчет нам.
Дар жизни перешел от них к цветам.
Где мертвецов обыденные речи?
Где их искусство, личность их? Далече.
В орбитах червь наследует слезам.
Крик девушек, визжащих от щекотки,
Их веки влажные и взор их кроткий,

И грудь, в игру вступившая с огнем,
И поцелуям сдавшиеся губы,
Последний дар, последний натиск грубый -
Всё стало прах, всё растворилось в нём!
А ты, душа, ты чаешь сновиденья,
Свободного от ложного цветенья
Всего того, что здесь пленяло нас?
Ты запоёшь ли, став легчайшим паром?
Всё бегло, всё течет! Иссяк недаром
Святого нетерпения запас.
Бессмертье с черно-золотым покровом,
О утешитель наш в венке лавровом,
На лоно матери зовущий всех!
Обман высокий, хитрость благочестья!
Кто не отверг вас, сопряженных вместе,
Порожний череп и застывший смех?
О праотцы глубокие, под спудом
Лежащие, к вам не доходит гудом
Далекий шум с поверхности земной.
Не ваш костяк червь избирает пищей,
Не ваши черепа его жилище —
Он жизнью жив, он вечный спутник мой!
Любовь или ненависть к своей особе?
Так близок зуб, меня грызущий в злобе,
Что для него имен найду я тьму!
Он видит, хочет, плоть мою тревожа
Своим касанием, и вплоть до ложа
Я вынужден принадлежать ему.
Зенон! Жестокий! О Зенон Элейский!
Пронзил ли ты меня стрелой злодейской,
Звенящей, но лишённой мощных крыл?
Рождённый звуком, я влачусь во прахе!
Ах, Солнце... Чёрной тенью черепахи
Ахилл недвижный над душой застыл!
Нет! Нет! Воспрянь! В последующей эре!
Разбей, о тело, склеп свой! Настежь двери!
Пей, грудь моя, рожденье ветерка!
Мне душу возвращает свежесть моря...

О мощь соленая, в твоем просторе
Я возрожусь, как пар, как облака!
Да! Море, ты, что бредишь беспрестанно
И в шкуре барсовой, в хламиде рваной
Несчетных солнц, кумиров золотых,
Как гидра, опьянев от плоти синей,
Грызёшь свой хвост, сверкающий в пучине
Безмолвия, где грозный гул затих,
Поднялся ветер!.. Жизнь зовет упорно!
Уже листает книгу вихрь задорный,
На скалы вал взбегает веселей!
Листы, летите в этот блеск лазурный!
В атаку, волны! Захлестните бурно
Спокойный кров — кормушку стакселей!


Поль Валери. Кладбище у моря. (пер. с французского Джелал Кузнецов)


Ищи себе, смертный, у богов уменья по уму,
ступени по стопе, помни, в какой мы доле.
Не пытай бессмертия, милая душа –
обопри на себя лишь посильное».

Пиндар, III Пифийская песнь, 59 – 63.
(Перевод М. Л. Гаспарова).

***

То мирный кров, где меж могил и пиний
Крыл трепетанье, воркот голубиный;
Здесь полдень, в пламя обращая  зной,
Рождает море - вечный акт творенья…
О! награди меня, по разуменью,
Дозволив созерцать  богов покой!

Как т;нки, невозвратны перемены
Алмазных искр неощутимой пены,
Какой покой из недр освобождён!
Здесь дремлет солнце над морской пучиной,
Творением  чистым истинной причины
Мерцает время, явь видна сквозь сон.

Минервы храм - сокровище извечно,
Царит покой в пределах бесконечных,
Угрюмы  воды. Взору нет границ,
Так много сна под огненной вуалью.
Молчание - души приют сакральный
Под сводом позлащенных черепиц.

Предел времен лишь вдох последний знает,
С его вершины чистой привыкаю
Обозревать бескрайних вод простор…
Как дар богам, что я вручить не смею,
Мерцание с высот небесных сеет
На землю свой презрительный укор.

Как вид плода  рождает вожделенье
И дарит вкус взамен исчезновенье
Его во рту субстанцией иной,
Так я вдыхаю дым,  которым стану,
И песни неба обласкают рану,
больной души , как берег; – прибой.

Ты право, небо – я другой отныне!
Взгляни – во мне ни страсти, ни гордыни,
Ни праздности.  Я полный сил опять,
Оставил всё. Тебе лишь верю слепо,
И тень свою, скользящую по склепам,
Учусь теперь по звуку узнавать.

Солнцестоянья факелы как милость
Прими, душа, ведь света справедливость –
Оружие безжалостней, чем враг.
Свет – чистота. Стань снова непорочной,
Вглядись в себя!.. будь света средоточьем,
Когда нет света, миром правит мрак.

Лишь для меня, а не для шумной славы,
Там, ближе к сердцу, где стихов октавы,
Меж бездной и несбыточной мечтой
Моё величье отзовётся, верно…
Пусть эхом, словно звук в пустой цистерне,
Но будет тайно навсегда со мной.

Ты знаешь, пленница тенистых кущей,
Залив, оградки хилые жующий,
Закрытых глаз сверкающий секрет,
Чья плоть влачит себя к концу лениво,
Чей мозг питает землю молчаливо? …
Лишь искрой мысль о тех, кого уж нет…

Огонь бесплотный – святости примета,
Клочок земли, распахнутый  для света,
Здесь хорошо, здесь светлый дух царит,
Здесь золото на камне в дымке синей,
На мраморе трепещут тени пиний,
Как будто море на могилах спит.

Пылающее солнце, пёс астральный!
Когда я здесь с улыбкой пасторальной
Своих овец таинственных блюду -
Ряды могил – прочь голубей пугливых!
Прочь идолопоклонников крикливых
И любопытных ангелов  орду!

Здесь было всё - нет ничего на вырост,
А саранча сухой остаток выест.
Всё сожжено, разрушен мир и сух.
Не воздух – жар, он воспалён, как рана.
Здесь жизнь пьяна отсутствием, пространна.
Печаль без горечи и светел дух.

Здесь мертвые укрыты и согреты
Землёй, что сохраняет их секреты.
В зените полдень, верный сам себе,
Задумался, задерживая время...
Светило в совершенной диадеме,
Загадка превращений, я – в тебе.

Не знаешь ты причин для опасений,
Лишь я - живой исток твоих сомнений,
На грани диаманта лёгкий скол.
Но в ночь, когда надгробье стало домом,
Народ с обличьем странным, но знакомым,
Взял сторону твою, когда пришел.

Теперь их суть – отсутствие. Отныне
Их плоть не различима в красной глине,
А вдох последний перешёл в цветок.
Где смех особый, разговор  обычный,
Таланта мера, взгляд на мир различный?
Личинки там, где прежде – слёз исток.

Истошный крик заласканной девицы,
Глаза и зубы, влажные ресницы,
Прелестная пылающая грудь,
Кровь на губах, призывных, ярко-алых,
Последний дар, прикрытый  запоздало…
Под землю всё! Всё вновь в игру вернуть!

Душа, ты мнишь, что в вечных сновиденьях
Избегнешь блеска лживых обольщений,
Как  здесь волны и золота родство?
Вновь запоёшь ли,  дымом улетая?
Жизнь наша не заполнена до края,
Святое нетерпение мертво.

Скелет, бессмертья символ злато-чёрный,
Прослывший утешителем притворным,
Что грудью материнской смерть питал.
Нас благостная ложь его пленяет,
Да, он хитёр, но вряд ли что-то знает …
Смех черепа - бессмысленный оскал.

Нет в ваших головах теперь сомнений,
О, предки! –  вы истоки поколений,
Тех, что давно в подземной глубине,
Где червь-грызун хозяин настоящий
Не только вам, под мрамором лежащим,
Он жизнью жив и он давно во мне.

Что движет им? Ко мне любовь, быть может,
Иль ненависть? Каким орудьем гложет
Он плоть мою? Как мне его назвать?
Не всё ль равно? Когда ещё до тризны
Меня он выбрал. Должен я при жизни,
Ещё живым ему принадлежать.

Зенон Элейский, мыслию разящий, 
Пронзил меня насквозь стрелой дрожащей,
Хоть сам её полётом пренебрег.
Рожден я звуком, поражён стрелою.
Ужель тень черепахи  мне закроет
Недвижного Ахилла быстрый бег!

Нет!...Устоять! Своё продолжить время!
Сбрось, плоть моя, задумчивости бремя!
Пей, грудь, новорождённые ветра!
Ты освежи мой разум воспаленный,
Верни мне душу, властелин солёный!
Вперед, в волну, мне снова жить пора!

Да! Море, бред твой истинно неистов!
Из шкуры барса балахон пятнистый,
Весь в ярких бликах солнца, как в огне.
Ты - гидра, захмелев от вод лазурных,
кусаешь хвост свой искристый, ажурный,
в смятении подобном тишине.

Свежеет ветер! Жизнь вперед стремится!
Трепещут книги тонкие страницы,
На гребне скал – солёная роса!
Раздайтесь волны, расступитесь воды,
Стихи мои, летите на свободу,
Где мирный кров, где ветер в паруса!



Борхес Хорхе Луис. Поль Валери "Морское кладбище"

     Перевод Б. Дубина

     Вряд ли есть проблема, до такой степени неразлучная с  литературой и ее
скромными таинствами,  как проблема  перевода.  Неостывшая рукопись несет на
себе все  следы хронической  забывчивости и тщеславия, страха исповедаться в
мыслях,  которые скорее  всего  окажутся  банальностью, и  зуда  оставить  в
заветной глубине нетронутый запас темноты. Полная противоположность этому --
перевод,  почему и лучшего  примера  для споров  об эстетике  не  подберешь.
Оригинал, которому он намерен следовать, -- это совершенно ясный текст, а не
загадочный лабиринт  погибших  замыслов или  невольный  соблазн мелькнувшего
озарения -- не так ли?  Бертран Рассел определяет предмет  как  относительно
замкнутую и самодостаточную совокупность возможных впечатлений; если иметь в
виду неисчислимые отзвуки слова, то же самое можно сказать о тексте. В таком
случае  перевод  есть  всегда  частичный,  но  этим  и  драгоценный документ
пережитых текстом превращений. Что такое все переложения "Илиады" от Чапмена
до Мань-яна, если  не различные развороты одного длящегося  события, если не
долгая, наудачу разыгранная  историей лотерея недосмотров и преувеличений? И
вовсе не  обязательно  переходить  с языка на язык; ту  же раскованную  игру
пристрастий  можно  видеть  и   в  одной  литературе.  Думать,  будто  любая
перетасовка составных частей заведомо ниже исходного текста, -- то же самое,
что  считать  черновик А непременно хуже черновика  Б,  тогда как оба они --
попросту  черновики.  Понятие  окончательного  текста   --  плод  веры  (или
усталости).
     Предвзятая мысль о неизбежных  несовершенствах перевода, отчеканенная в
известной итальянской  поговорке, связана с  одним: мы не способны  всегда и
везде  сохранять  полную  сосредоточенность.  Поэтому  стоит  повторить  тот
удачный текст несколько раз, и он  уже кажется безусловным и наилучшим.  Юм,
помнится, отождествлял причину с неуклонно повторяющейся последовательностью
событий (Одно из названий петуха у арабов -- отец зари: подразумевается, что
он порождает ее своим  кличем). Даже весьма посредственный фильм утешительно
совершенствуется  к  следующему  просмотру  -- в  силу всего  лишь  жестокой
неизбежности повторения. А для знаменитых книг достаточно и первого раза: мы
ведь   взялись  за  них,  уже   зная,  что  они  знаменитые.  Осмотрительное
предписание "перечитывать классиков" в простоте своей  высказывает  истинную
правду.  Не  знаю, достаточно ли хороша  фраза: "В некоем  селе  ламанчском,
которого названия у меня нет охоты припоминать, не так давно жил-был один из
тех  идальго,  чье имущество заключается  в  фамильном  копье, древнем щите,
тощей кляче и борзой собаке", --для  уст бесстрастного божества,  но  твердо
знаю одно: любое ее изменение -- святотатство, и другого начала "Дон Кихота"
я  себе представить не  могу.  Сервантес скорей всего обходился без подобных
предрассудков, а может быть, и  самой фразе  никакого значения  не придавал.
Для  нас  же  и мысль  об  ином  варианте непереносима.  Приглашаю,  однако,
рядового латиноамериканского читателя  -- mon semblable, топ frere  (Двойник
мой, мой собрат ) -- распробовать пятую строфу перевода Нестора Ибарры, и он
почувствует, что лучше строки.
     Как зыблемы прибрежья шумных вод придумать трудно, а подражание ей Поля
Валери в виде
     Le changemant  des  rives en  rumeur, увы, не передает латинского вкуса
фразы во всей полноте. Отстаивать с пеной у рта противоположную точку зрения
значит  нацело отвергать идеи  Валери во  имя верности  случайному человеку,
который их сформулировал.
     Из трех испанских переводов  "Cimetiere" (Кладбище)  только нынешний  в
точности следует метрике  оригинала.  Не  позволяя  себе  других настойчивых
вольностей,  кроме инверсии (а  ею  не пренебрегает  и  Валери),  переводчик
ухитряется находить  счастливые соответствия знаменитому  оригиналу. Приведу
лишь одну предпоследнюю, в этом смысле -- образцовую, строфу:
     Так! Море, бред, таимый и пространный,
     Пантеры шкура и хитон, издранный
     Подобьем солнц, их сонмами в огне,
     О Гидра, -- пьян твоим лазурным телом,
     Кусающим свой хвост в сиянье белом,
     В смятении, подобном тишине.
     "Подобье"  соответствует  французскому "idoles", а  "белое сиянье" даже
звуком передает авторское "etincelante".
     Два слова о самой поэме. Аплодировать ей было бы странно, искать огрехи
--  неблагодарно  и  неуместно. И  все  же  рискну  отметить  то, что,  увы,
приходится  считать  изъяном этого  гигантского  адаманта.  Я  имею  в  виду
вторжение  повествовательности.   Лишние  второстепенные  детали  --  хорошо
поставленный ветер, листья, которые мешает и шевелит как бы сам бег времени,
обращение  к  волнам,  пятнистые тюлени,  книга  --  внушают  совершенно  не
обязательную тут веру в  происходящее. Драматизированный разговор с собой --
монологи  Броунинга, "Симеон  Столпник" Теннисона  -- без  подобных  деталей
немыслим. Другое дело  -- чисто созерцательное  "Кладбище". Привязка  его  к
реальному  собеседнику,  реальному  пространству, реальным небесам -- полная
условность. Мне  скажут, каждая  деталь  здесь  символически  нагружена.  Но
именно эта  нарочитость  и  бросается  в  глаза,  вроде налетевшей в третьем
действии "Лира" бури, сопровождающей бессвязные проклятия короля. В пассажах
о смерти Валери приближается, я бы сказал, к чему-то испанскому; не то чтобы
подобные раздумья составляли исключительную принадлежность одной этой страны
-- без них  не  обходится ни одна литература,  -- но потому, что они,  может
быть, вообще единственная тема испанской поэзии.
     Les  cris  aigus  des filles  chatouillees,  Les  yeux,  les dents, les
paupie'res mouillees, Le sein charmant qui joue avec le feu,
     Le sang qui  brille aux levres qui se rendent,  Les derniers dons,  les
doights qui les defendent, Tout  va  sous terre  et rentre dans le jeu (Визг
защекоченной  отроковицы, Глаза, уста и влажные ресницы, У пламени  играющая
грудь, У  губ  сверканье  крови в  миг сближенья,  Последний дар  и  пальцев
противление, -- Все, все земле должно себя вернуть).
     И  все-таки сходство  обманчиво. Валери оплакивает  утрату обожаемого и
неповторимого;  испанцы  --  гибель амфитеатров Италики,  инфантов  Арагона,
греческих  стягов,  войск  под  каким-нибудь  Алькасарквивиром,  стен  Рима,
надгробий  королевы  нашей  госпожи  доньи Маргариты  и других  общепринятых
чудес.  На  этом  фоне  семнадцатая строфа,  ведущая главную  тему  --  тему
смертности -- и спокойно, в античном духе вопрошающая:
     Chanterez-vous  quand serez vaporeuse? (Петь будешь  ли, как обратишься
паром?)
     звучит так же пронзительно, незабываемо и смиренно, как Адрианово
     Animula vagula blandula (Душенька бездомная и слабая).
     В  раздумьях  об  этом -- весь человек. Непросвещенность мысли -- черта
общая. Но  если надгробные  изображения  и  заклинания обращены разве что  к
отсутствующему  вниманию мертвецов,  то  литература век  за веком оплакивает
потерю самой  этой притягательной  и послушной тьмы --  единственного нашего
достояния. Потому и юридические удостоверения правоверия со всей их жестокой
дозировкой  проклятий  и  апофеозов  столь же  противопоказаны  поэзии,  как
единогласный   атеизм.  Христианская  поэзия   питается  нашим  зачарованным
неверием, нашим желанием верить, будто кто-то в  ней еще  не  разуверился до
конца.  Ее поборники,  соучастники  наших страхов -- Клодель, Хилер  Беллок,
Честертон -- драматизируют воображаемые поступки удивительного  вымышленного
персонажа,  католика, чей говорящий призрак мало-помалу заслоняет их  самих.
Они такие же католики, как  Гегель -- Абсолютный Дух. Переносят свои вымыслы
на смерть, наделяя  ее собственной неизъяснимостью, и та становится тайной и
бездной. На самом  деле от нее здесь разве что непоколебимая уверенность: ни
надежда,  ни отрицание ей несвойственны. Она-то и  знать не знает о ласковой
ненадежности живого -- обо всем том, что изведали на себе апостол Павел, сэр
Томас Браун, Уитмен, Бодлер, Унамуно и, наконец, Поль Валери...

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